Poterie, terres sigillées

La poterie pour moi, c’est une histoire d’enfant.

Cela commence lorsque j’ai 8 ou 9 ans et que je participe à l’atelier poterie tout proche de chez moi. Là je découvre la matière, l’argile, la terre. Comment la modeler pour obtenir un petit bol, un dessous de plat, une biche ou lapin. Je reste fascinée par « la pièce de derrière », celle à laquelle les enfants n’ont pas accès mais dans laquelle j’ai entrevu plusieurs fois le tour à pied…

L’aventure continue plus tard lors de mes études en archéologie. Je découvre des tessons glaçurés, émaillés, engobés qui racontent l’histoire des gens d’avant. Je découvre aussi la céramique sigillées gallo-romaine. Cette douceur au toucher, cette chaleur au regard, la présence de la terre, de l’eau, du feu et de l’air en une seule pièce harmonieuse reste dans un coin de mon esprit comme une rencontre agréable dont je ne sais que faire encore.

Et arrivée à l’âge adulte, je me décide enfin à expérimenter par moi même. Je rencontre une amie potière qui m’initie aux principes de base du tournage. Avec qui je partage de magnifiques moments dans son atelier. Et je participe à un stage organisé par Dalloun, artiste contemporain dont les pièces en sigillées me touchent particulièrement.

De fil en aiguille, je prends conscience de la richesse en argiles des sols de ma région. Et de la possibilité d’en extraire mes propres engobes.

Aujourd’hui j’ai mon petit atelier avec un tour à pied, un four à gaz et les engobes que j’ai fabriqués.

Je travaille doucement, de façon instinctive et sensible surtout. Je m’autorise à ne pas toujours peser, calculer, mesurer… ce qui fait de moi une piètre technicienne. mais c’est ainsi que je tiens à continuer de travailler. Au grès de mes sensations, de mes envies et dans la lenteur que sous-entend ce choix de progression.

Voici en photos les différentes étapes de mon travail. Merci à Coraline Simon pour les prises de vues 😉 là aussi c’était un chouette moment de partage.

Préparation de l’argile avant tournage
Le « Bélier »
Les balles de terre prêtes à être tournées
Centrage de la Terre, … et de l’artisane 😉
Après le trou au centre, travail sur le fond
L’eau, l’eau, toujours l’eau 😀
Finition
Tour à pied

Autre étape: la fabrication des engobes sigillées. Je récolte des terres sauvages dans la région. De petites quantités suffisent pour faire des litres d’engobe. En fonction de sa composition, chaque argile donne une couleur et des effets différents. Puis je mélange l’argile séchée et concassée dans une grande quantité d’eau de pluie, ajoute un défloculent, permettant à toutes les particules de bien se diluer dans l’eau. Je laisse décanter et soutire la couche intermédiaire, celle que contient en suspension dans l’eau, les plus fines particules de matière. Quelques semaines de décantation sont ensuite nécessaires pour obtenir la densité qui permet de bien recouvrir les pièces.

Brasser, brasser pour bien associer Terre et Eau.
Site de récolte, merci aux sangliers qui me facilitent le travail 😉
Site de récolte en bord de mer
Test permettant d’observer si l’argile contient une quantité de fines particules pour réaliser l’engobe
Nettoyage des pièces avant la pose de l’engobe
pose de l’engoge, plusieurs couches sont nécessaires
frotter, polir, lustrer…
Au moment de charger le four
allumage…
De 20 à 1 100°C, il faut environ 9h00 pour achever correctement la cuisson.
et ouverture
Après la cuisson autour de 1 100°C, je procède à un enfumage. Parfois je trempe les pièces dans cette barbotine pour créer des caches. Ainsi la fumée ne s’infiltre pas partout et l’on obtient d’autres effets…
Étagère à enfumer
Installation du bidon
L’enfumage s’opère entre 300 et 350°C. Les pièces sont enfermées dans le bidon, le feu se mourant produit la fumée qui va restée marquée sur les bols
Dernier nettoyage
Et voilà, par exemple…